La pénurie de médecins en France

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Plusieurs semaines pour un rendez-vous chez un spécialiste, des dizaines de kilomètres pour consulter un généraliste en zone rurale, la France semble souffrir d’une pénurie de médecins. Cette situation est d’autant plus étrange que beaucoup de ceux installés sont au bord du burn-out.

– Une situation contrastée
Bien que la France n’ait jamais compté autant de médecins (215 000 en 2013), il est souvent question de déserts médicaux. Pour de nombreuses petites villes, il s’agit d’une réalité avec le non-remplacement de médecins partant à la retraite et la fermeture progressive de petits hôpitaux. Pour la plupart, les causes de fermeture sont un coût trop élevé ou un fonctionnement présentant des dangers pour les patients.
Les conséquences de ces disparitions sont une accentuation de la pression sur les médecins des villes devant faire face à un afflux de patients. Cette situation mécontente tant la population que la profession avec des médecins proches du burn-out et de plus en plus souvent confrontés à une réglementation de plus en plus exigeante.

– Un système et une organisation à revoir
Numérus clausus limitant le nombre des médecins par secteur géographique, contrôles accrus sur les prescriptions sont autant de barrières s’ajoutant à de longues et coûteuses études. La durée de ces études d’un minimum de 9 ans fait partie des freins à la profession en étant supérieure à celle exigée dans de nombreux autres pays.

Logique ensuite que les médecins privilégient les zones les plus peuplées afin de rentabiliser les années passées à étudier. Grandes villes et zones côtières peuvent ainsi répondre aux besoins alors que les campagnes deviennent des déserts médicaux, ce qui n’est pas sans représenter certains dangers.

– Une réforme en profondeur
Les solutions passent bien évidemment par des réformes, ce que tente chaque gouvernement. Les économies budgétaires constituant un pilier des nouveaux textes, les conséquences sont un resserrement des dépenses globales ainsi que l’exploration de nouvelles voix. S’il n’y a pas de solutions miracles, certaines pistes s’inspirent de ce qui se fait ailleurs comme une délégation étendue au secteur paramédical. Un travail de longue haleine pour régler un mal aux causes très diverses.