Photo : oceans.taraexpeditions.org

Vous l’avez certainement constaté les algues sargasses reviennent parasiter nos plages à l’heure ou le poisson revient dans nos eaux. D’où proviennent les algues sargasses ? Pourquoi s’échouent-elles sur nos plages ? Quelles sont les mesures prises par les autorités ? Quels risques pour la santé ? Guadeloupe Actu répond à vos questions.

Les sargasses sont des algues brunes marines de la famille des Sargassaceae, comprenant un grand nombre d’espèces à travers le monde. Les algues du genre Sargasse sont communément fixées sur les fonds marins côtiers hormis deux espèces qui se développent à la surface de l’océan et dérivent librement au gré de courants marins sous forme de nappes : ce sont les sargasses pélagiques Sargassum fluitans et Sargassum natans.

D’où proviennent les algues sargasses qui s’échouent sur nos plages ?

Ces deux algues sont depuis toujours présentes dans l’océan nord atlantique et la région des Caraïbes, avec un système de circulation bien connu entre le golfe du Mexique et la mer des Sargasses et la présence d’algues éparses dans le reste de la région. En revanche, les échouages massifs de sargasses pélagiques qui affectent depuis 2011 la mer des Caraïbes semblent trouver leur origine dans une nouvelle zone : la région de recirculation nord équatoriale, un courant marin circulaire situé entre les côtes du Brésil et le golfe de Guinée.

Pourquoi a-t-on des échouages sur nos côtes ?

Si la compréhension du phénomène fait encore l’objet de travaux de recherche à l’heure actuelle, il semble que la région de recirculation nord équatoriale constitue une nouvelle zone d’accumulation de sargasses pélagiques, qui se dirige par moment, en fonction de la croissance des algues et des courants saisonniers, de grandes quantités d’algues vers l’archipel des petites Antilles. Ainsi, de nombreuses îles des Antilles sont donc affectés par le phénomène, mais également les côtes mésoaméricaines et une petite portion des côtes africaines. Deux programmes de recherche français sont actuellement en cours pour mieux comprendre la biologie, la dynamique de croissance et d’accumulation des sargasses pélagiques dans la zone, évaluer la pérennité et améliorer la prédiction des échouages dans le futur.

Est-ce un phénomène à long terme ?

La complexité des courants, l’étendue de la zone concernée, et les données disponibles à ce jour ne permettent pas encore de prédire l’évolution de ce phénomène récent, sur le long terme. Ce phénomène ne s’est, depuis lors, jamais vraiment arrêté avec une continuité variable et une recrudescence à la moitié de l’année 2017. Certaines algues pouvant être exclusivement flottantes, elles sont à l’origine d’échouages réguliers sur les côtes des Etats-Unis, notamment, où elles sont exploitées comme biomasse (compostage, épandage, etc.). Toutefois, depuis un an, ces échouages sont plus intenses et plus récurrents sur la façade atlantique des Antilles.

D’où viennent les odeurs émises par les algues sargasses ?

L’odeur caractéristique d’œuf pourri est celle de l’hydrogène sulfuré. C’est un gaz qui provient de la décomposition naturelle des algues sargasses en absence d’oxygène, notamment lorsque des algues (comme toutes les matières organiques biodégradables) reposent en forte épaisseur sur une plage ou des rochers. Notre système olfactif est capable de détecter cette substance en très faible quantité.

Si les études sur la valorisation et la transformation s’avèrent positives, nous aurons alors la possibilité de muer ce fléau en son équivalent contraire comme aux Etats-Unis. Il en va également par effet de domino de la santé des citoyens qui résident en bord de mer.