La première édition du Salon régional de l’artisanat de Guadeloupe le WEEK-END ART avait été placé sous le haut patronage de deux acteurs majeurs du Gwoka, Jacqueline Cachemire-Thole et d’Yves Thole.

À 74 ans, Jacqueline Cachemire-Thôle profite depuis une dizaine d’années de sa retraite, après une carrière de 44 ans dans l’Éducation nationale. Institutrice dès l’âge de 19 ans, elle a été professeur d’éducation physique et sportive dans différents collèges et conseillère pédagogique.

Tout au long de sa carrière, elle s’est efforcée de faire comprendre aux enseignants que les traditions guadeloupéennes avaient leur place à l’école. En effet, comme n’importe quelle danse, le Gwoka prend en compte le corps, l’espace, l’expression.

Parallèlement, elle crée son atelier itinérant de danse, atelier qui prendra ensuite ses quartiers à la Maison des jeunes de Pointe-à-Pitre. C’est dans le cadre de ces ateliers qu’elle croise la route de celui qui allait devenir son époux, Yves Thôle, intervenant en tant que musicien.

Yves Thôle fut tour à tour facteur, restaurateur d’instruments et premier et unique Maître d’art des outre-mer français. Derrière ce géant barbu se cache l’un des rares authentiques maîtres du Ka.

À l’âge de 6 ans, en entendant un musicien, (Velo,), qui passait devant chez ses parents à la rue Vatable, à Pointe-à-Pitre, il se découvre une passion pour le Ka. À 12 ans, Yves déserte les bancs de l’école pour vagabonder sur les traces de Velo, l’un des plus grands maîtres KA; il devient l’un de ses élèves. Dès l’âge de 14 ans passionné par la musique et les instruments traditionnels, il commence à fabriqué des KA (tambours) à partir de tonneaux de récupération. En 1985, il fonde avec Jacqueline Cachemire l’Akademiduka, qui compte aujourd’hui près de 500 élèves.

En 2006, ils décident tous les deux de confier l’école aux mains de Nadia Pater-Torin. Yves se consacre alors à la fabrication de Ka dans son atelier et donne des cours. À Paris, le 24 novembre 2010, il reçoit le titre de « Maître d’art ». Aujourd’hui, Jacqueline donne des cours dédiés aux aînés, elle anime aussi une émission sur radio Massabielle.

« Il m’a apporté l’essence du Gwoka » se remémore cette grande dame du ka en parlant de son compagnon « tout comme Bébé Rospart m’a appris à danser dans la ronde du léwòz. Yves et moi, nous avions le même rêve : tout offrir au Gwoka dans un seul lieu. C’est ainsi que nous avons fondé l’Akademi. »

Source : Région Guadeloupe

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