Golf en montagne le conflit perdure à Petit-Bourg

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Un projet immobilier et d’aménagement de terrains de golf en montagne est à l’étude à Caféière. Des riverains et militants ont créé le Kolèktif kont golf Tibou pour protester contre ces projets. Ils ont rencontré les représentants de la mairie afin de remettre une pétition et défendre leur position.

Les membres du collectif expliquent que la construction du golf entraînera la disparition et le morcellement du foncier agricole dont les premières victimes seront les agriculteurs de la zone. De plus, ils estiment que la construction de ces terrains nuira à la biodiversité (espèces animales et végétales) de la région. Rappelons que selon le projet présenté par la municipalité, le golf occuperait 105 hectares (dont 86 hectares d’espaces naturels, boisés, et 19 hectares de terres agricoles, notamment celles du Groupement foncier agricole Vido).

Relire l’article : Un projet de golf en montagne sème le trouble à Petit-Bourg

Remise de la pétition

Le « Kolèktif kont golf Ti-Bou » a remis à Guy Losbar la pétition qu’il avait lancée le 7 mai 2018. Elle a recueilli plus de 10 000 signatures. « Guy Losbar, hier, a tenté de convaincre le collectif que la Ville entendait bien œuvrer pour le développement de l’agriculture; il a mis en avant l’intérêt selon lui du golf pour le développement économique de Petit-Bourg et de la Guadeloupe, sur le plan touristique. Et il a surtout assuré que l’impact écologique du projet serait limité. Loin d’être convaincu, le collectif a au contraire réaffirmé son opposition au projet. Un projet qui selon lui n’est pas une priorité, au regard des besoins vitaux de la population, eau, santé, alimentation, énergie, transports… Quant à l’argument économique, il existe, selon les opposants au projet, d’autres pistes de développement plus adaptées aux réalités culturelles de la population et aux caractéristiques physiques de la Guadeloupe » des propos recueillis par nos collègues de Guadeloupe 1ère.

Contradiction avec la loi?

Selon le collectif, cette initiative de la municipalité de Petit-Bourg est en incompatibilité avec le schéma d’aménagement régional (SAR). Le SAR est un document d’orientation élaboré par la Région, en association avec l’État, les communes et les communautés de communes ou d’agglomération, les chambres consulaires, les organisations professionnelles et les associations de protection de l’environnement. Au plan juridique, les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) doivent être compatibles avec les orientations et les règles définies par le SAR.

Que prévoit le SAR, au sujet des terres agricoles?

Le SAR demande aux communes de « sanctuariser » les 50 000 hectares qui ont une valeur agronomique forte. Les PLU doivent interdire dans ces zones les travaux, installations et constructions qui ne sont pas nécessaires à l’activité agricole.

  • Les PLU ne doivent pas faire obstacle à l’application des principes, notamment de protection des terres agricoles, définis par le SAR. Il n’est pas exigé que les PLU soient strictement conformes aux dispositions du SAR, mais ils ne doivent pas entrer en contradiction avec elles. Il ne peut pas être dérogé à cette obligation de non-contrariété.
  • Les espaces classés en zones agricoles par les plans d’occupation des sols et les plans locaux d’urbanisme en vigueur à la date d’adoption du présent schéma d’aménagement régional par l’assemblée régionale et les espaces à usage agricole doivent être maintenus dans leur vocation.

Les revendications du collectif

« Le bassin de vie de Pérou doit garder sa vocation première, nourrir la population et préserver les ressources naturelles. Nous nous opposons à ces grands projets parachutés, qui impactent durablement et négativement le territoire pour satisfaire des besoins extérieurs, et qui nous sont imposés sous prétexte de développement économique. Nous ne voulons pas de ce modèle. Les Guadeloupéens doivent pouvoir consommer les produits du cru et les jeunes exploitants agricoles doivent pouvoir avoir des terres pour vivre de leur travail».