MOLOKOÏ, un espace de partage qui replace la nature dans le paysage urbain guadeloupéen

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Imaginé par David Julius, MOLOKOÏ est un jardin créole situé en zone urbaine où l’on cultive de nombreuses variétés anciennes et rustiques en association les unes avec les autres. C’est également un centre de ressources pour la valorisation de la biodiversité, de la production locale, d’une alimentation saine et variée, pour la promotion d’un mode de vie plus respectueux de la nature.

MOLOKOÏ est un lieu de rencontre et de partage qui se veut écoresponsable autour d’un jardin créole, d’un café-restaurant végétarien, d’une épicerie pour locavore, d’un espace d’animation et de « re-création ». Le projet met en avant des valeurs intrinsèques à la nature : l’association, la symbiose, la transmission, le partage.

Quel est l’enjeu de société que vous souhaitez adresser ? Pourquoi ?

Territoire insulaire, la Guadeloupe présente au sein de ses divers écosystèmes terrestres et maritimes l’un des taux de biodiversité les plus élevés au monde. L’archipel a été classé réserve de biosphère par l’UNESCO.

Pour autant cette extraordinaire richesse est menacée par l’effondrement annoncé de la biodiversité au niveau mondial. L’agriculture industrielle responsable de rejets massifs de gaz à effet de serre cause également des pertes importantes de biodiversité.

Autre enjeu de taille, celui de son système agro-alimentaire, intimement lié à son passé historique et culturel. La Guadeloupe importe de manière massive les produits de sa consommation courante. Parallèlement, la moitié de la population est en surpoids avec un quart en obésité.

. Il existe une forte prévalence du diabète, de l’hypercholestérolémie, de l’hypertension artérielle et de l’asthme. Par ailleurs, 95 % de la population antillaise sont affectés par la pollution au chlordécone résultant de l’usage de ce pesticide organochloré, dans des conditions qui ont mis, mettent et mettront durablement en danger la santé des populations.

Lire l’article : Trois-Rivières de nouveau confronté à la pollution de l’eau au chlordécone

Quel est le concept de votre projet ? En quoi se différencie-t-il de l’existant ?

Pour répondre à ces enjeux, MOLOKOÏ porte un projet d’agriculture urbaine. Il s’agit de :

  • Un jardin productif alimentaire en milieu urbain utilisant des techniques agroécologiques et mettant en valeur les services écosystémiques. Un espace de culture en pleine terre, idéalement situé à proximité des lieux de vie, des écoles, des lieux d’activités économiques… pour un lien étroit avec la population. Nous y cultiverons uniquement des variétés locales, reproductibles, des productions vivrières et de saison.

  • Un café-restaurant végétarien attenant valorisant les produits du jardin et surtout ceux d’une agriculture paysanne agroécologique. Un restaurant 100 % local n’utilisant que des produits cultivés en Guadeloupe, mettant en valeur la diversité et la richesse des plantes comestibles de notre biodiversité.

  • Une épicerie pour locavore », une épicerie commercialisant de manière exclusive des productions alimentaires artisanales originaires de la Guadeloupe et de la zone Caraïbe.

  • Et enfin, un tiers-lieu, lieu de RE-CRÉATION : de ressourcement, de retour à la terre et de divertissement, un lieu d’échange et de partage autour de la protection de l’environnement, de la biodiversité, de l’économie circulaire, des actions de solidarité, un îlot de diversité culturelle : des animations et événements artistiques pour vivre les rapports humains et la nature autrement.

Pour quelle raison réinstaurer la nature en ville ?

Le retour de la nature en ville est une posture militante. Il est nécessaire à nos yeux que la nature réoccupe les espaces d’où elle a été chassée. Nous voulons démontrer qu’il est possible de régénérer des zones en y créant des lieux de vie et d’activités, de rêver une ville mieux installée dans la nature, plus agréable, facile à vivre, plus résiliente.

Pourquoi le choix du jardin créole ?

Les jardins créoles sont des niches écologiques qui servent de garde-mangers, de pharmacie et de réservoirs à biodiversité. Ce sont des espaces où l’on cultive de nombreuses variétés anciennes et rustiques en association les unes avec les autres. Il s’agit d’un jardin familial et nourricier qui contribue à préserver la biodiversité de la Guadeloupe.

Quelles méthodes seront utilisées ?

Nous comptons nous appuyer sur la pratique ancestrale tout en y associant des techniques modernes agroécologiques en partenariat avec des établissements comme l’INRAE, le CIRAD, les établissements publics d’enseignement agricole, l’Université des Antilles et bien d’autres partenaires encore.

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