Image : Mas an Foli

« Le lexique du carnaval » est un guide en quatre parties qui vous permettra d’identifier les groupes, la musique et toutes les spécificités liées à l’évènement. Tout au long du carnaval nous publierons notre glossaire afin de vous aiguiller et vous enrichir.

Gwoup a po, (Les groupes à peau ) 

La formule « Groupe à peau » (« Gwoup a po ») apparaît progressivement à la fin des années 1970. Utilisée par le groupe AKIYO pour marquer la différence avec les autres groupes utilisant soit des futs de plastique soit des caisses claires comme instruments percussifs, elle témoigne de la volonté de mettre en œuvre des tambours d’aisselles avec des peaux de cabris. La multiplication des groupes utilisant la même technologie et s’inspirant, pour la plupart, de la musique dite « Mas a Senjan », entrainera une généralisation d’une distinction entre, d’une part, les « Gwoup a po », d’autre part, les « Groupes à caisses claires ». D’autre part, les « Gwoup a po » vont progressivement générer le développement d’une mystique particulière, de formes de déguisements traduisant la volonté de s’inscrire dans une histoire de la Guadeloupe et de l’appropriation par les esclaves des formes carnavalesques. Les « Gwoup a po » portent une histoire, une organisation, une mystique.

Gwoup a mas, (Les groupes de masques)

Par « Groupe a mas » on entend généralement des groupes formés pour l’essentiel de jeunes qui utilisent pour la plupart des instruments à percussion des steel pan associés à des fûts de plastiques faisant usage de basse, à des caisses claires et à des sifflets. Généralement ces groupes, où les participants sont intégralement masqués et habillés sommairement, utilisent des formules tirées du hip hop, souvent acrobatiques, pour s’exprimer dans les rues. Ils connaissent actuellement un développement significatif, ainsi que des modifications dans leur manière de défiler en faisant une place plus grande à des séquences qui sont de véritables scènes de théâtre de rue. Le terme « Ti Mas » ne doit pas faire illusion : ces groupes sont souvent très fournis et ont donné naissance à de nouvelles formes de participation.

Les groupes à caisses claires 

Avec la quasi disparition des défilés derrières les camions avec des orchestres embarqués ou des sonorisations, se sont développés des groupes à pied. Ceux-ci vont, pour l’essentiel, choisir des percussions modernes pour leur rythmique. Les caisses claires seront ainsi les instruments de base, tournant pour la plupart des rythmiques tirées des orchestres de bals de l’époque ainsi que de la musique brésilienne. Progressivement, l’instrumentation évolue avec, d’une part, l’utilisation de gros fûts de plastique pour assurer les basses, l’utilisation de soufflants (trompettes, trombones) pour lancer les mélodies et les gimmicks, et même, en phase statique, l’utilisation par certains de tambours gwo ka. On est donc en présence d’une musique qui est en pleine évolution et qui est généralement associée à des groupes qui pratiquent des parades, avec des décors souvent importants et une organisation particulière privilégiant la mise en œuvre de véritables chorégraphies. Comme pour les « Gwoup a po », derrière l’uniformité apparente, il y a une grande diversité de pratiques.

Les groupes de synthé 

Avec le développement des groupes à pied, une des formules a consisté à faire descendre les orchestres des camions et à faire circuler des petits groupes avec des instruments électriques (synthétiseurs, basse, guitare) à pied derrières des camionnettes. Ces groupes  se sont développés principalement à Basse-Terre et à Morne-à-l’Eau, donnant ainsi naissance à une catégorie désigné sous le nom de « groupes de synthé ».

Les masques de Vieux-Fort

Un des plus anciens groupes de Carnaval qui s’est constitué en association au début des années 2000 pour perpétuer et transmettre sa tradition. Il porte le nom de la commune qui l’a vu naître. Les membres du groupe reprennent la démarche des masques à toques. Celle-ci est décorée de plumes et de miroirs avec souvent une queue qui descend le long du dos, à telle enseigne que, dans les années 1950, on les appelait également « mas a miwa » (masques à miroirs). On peut noter cependant que sur ces toques ont disparu les représentations de maisons ou de bateaux que l’on retrouve dans les groupes équivalents de certains pays de la Caraïbe. Les costumes sont de couleurs vives, souvent issues de tissus imprimés madras. Ils couvrent l’essentiel du corps avec des manches généralement bouffantes laissant tout juste apparaître les mains, la plupart du temps recouvertes par un bas. Quant au visage, il est recouvert d’un masque fabriqué avec un tamis, souvent métallique sur lequel est peint grossièrement des yeux une bouche et un nez. Le groupe se déplace en sautillant et en dansant au rythme d’une musique utilisant de flûtes et des fifres, un triangle, et quelques tambours parmi lesquels un tambour basque et deux tambours basse et contrebasse joués avec deux baguettes, avec une rythmique qu’ils sont les seuls à pratiquer à ce jour en Guadeloupe.

Source : carnavaldeguadeloupe.com 

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